Bon, eh bien voilà, on a fini par y arriver, dans la région toulousaine. Il faut que vous dise, Jean-Pierre, le frère de Philippe, mon mari, vit tout près de Toulouse et parfois, nous venons l'envahir ... ;o) La région est très belle, encore très authentique, et c'est toujours un plaisir que de nous retrouver là tous ensemble. Lorsque nous venons ici, un truc important, c'est de ne pas louper le marché du lundi matin à Samatan.
Samatan est une petite ville située dans le Gers, à une quarantaine de kilomètres au sud-est d'Auch et à une cinquantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Toulouse ...
Une toute petite ville, certes, mais un haut-lieu de la gastronomie du Sud-Ouest grâce à son incroyable marché. Ou plutôt, à SES marchés car à Samatan, il y en a plusieurs, des marchés ...
Suivez-nous. Nous allons vous faire visiter, si vous ne connaissez pas déjà ... Sûr que, comme nous, vous n'aurez qu'une envie, vous arrêter partout et goûter aux bons produits de la région ...
Je porterai mon choix, quant à moi, sur le haricot blanc, un incontournable du coin, le millas, une sorte de polenta que je prévois de découper en tranches, et de simplement griller à la poêle, avec un morceau de beurre et un peu de sucre, pour accompagner une poêlée de poires au miel ...
Je ne résiste pas non plus aux tresses d'ail du cru ... Beaumont-de-Lomagne n'est pas loin ... et en emporte plusieurs avec moi ! J'ai un excellent souvenir d'une fête de l'ail à Beaumont-de-Lomagne, justement, il y a quelques années ... J'y avais découvert cet ail parfumé et depuis, je tâche d'en acheter à chaque fois que j'en trouve. Les producteurs locaux étant aujourd'hui bien empoisonnés par la concurrence espagnole, il faut se mobiliser et c'est mon petit effort de guerre à moi ... ;o)
Les emplettes "courantes" faites, vous pouvez passer à quelque-chose de plus étonnant, surtout si vous êtes aussi citadins que je le suis ... Voilà le marché à la volaille vivante ...
Épatant ! Je pense que c'est ici que mes garçons ont vu leurs premières volailles vivantes ... Bon, c'était il y a un moment quand même ! ;o)))
Si vous déambulez par ici, prenez à l'entrée du marché un sac de ces délicieux beignets soufflés ... Comme des pets-de-nonne, vous voyez ? Une chouquette très moelleuse ... excellente, vraiment !
En passant, un petit conseil ... Attention aux horaires, il y a plein de choses à voir par ici mais tout à des horaires différents ...
On manque par exemple de louper le marché aux carcasses, qui a ouvert à 9h30 et qui va bientôt fermer ... Et pourtant, il a attiré un monde fou ...
... qui se retrouve dans la salle de découpe.
Le principe est simple et pratique : Vous achetez les carcasses dans le hangar attenant, vous les apportez ici ...
... j'en vois qui en amènent beaucoup ...
... et des bouchers vous les découpent à la perfection, en deux temps trois mouvements ... Pour moi qui ai toujours rechigné à en acheter de peur d'en faire de la charpie à mon retour à la maison, voilà qui m'incitera la prochaine fois à repartir avec quelques-uns de ces volatiles ...
... mais en kit ! ;o)
Vraiment, Samatan est un endroit extraordinaire !
Et puis ne craignez rien, si vous n'êtes pas là le lundi, vous pouvez vous rabattre sur les autres marchés des villages alentours ... Ce pays de gourmets ne vous laissera pas en rade ...
Évidemment, pendant la saison froide, c'est mieux ...
Nous voilà maintenant devant le hangar du marché au gras. Trois entrées différentes, suivant ce que l'on recherche ... Du foie de mulard, de musquet ou bien d'oie ?
À 10h30 tapantes, un coup de sifflet retentit, les trois portes s'ouvrent et tout le monde se précipite à l'intérieur du hangar.
... à la recherche du foie de ses rêves !
Devant chaque producteur, une petite caisse en plastique remplie de foies gras et une balance électronique.
En très peu de temps, l'affaire est pliée. Les foies gras disparaissent à une vitesse étonnante. Juste le temps pour Clément d'aller s'en choisir un joli ... Ouf, nous poêlerons du foie gras ce soir, en apéritif ! ;o)
L'urgence étant passée, nous avons maintenant le temps de retourner voir les volailles vivantes ...
Moi, j'aime toujours bien les regarder sur pieds, les animaux.
L'atmosphère est étonnante. Mais comme je vous l'ai dit, les seules volailles que je croise d'habitude étant celles du boucher, je ne suis pas une référence ! Quoique ... les poules et les pintades à Cannes, ça court les rues une partie de l'année ... Nous allons en recevoir toute une cargaison d'ici quelques semaines, quand arrivera la quinzaine du Festival ! ;o)) Mais ça, je vous en reparlerai ! ;o)
Là, j'ai devant moi de belles bestioles ...
... et cette promenade est l'occasion d'une belle leçon de choses ...
On croise d'ailleurs dans le marché toutes les générations ... Du grand-père au petit garçon ...
Voici donc des pintades ...
... et aussi de mignons lapins ...
Je ne vous garantis pas la destination finale de celui-ci ... Un joli clapier ou une casserole ... ;o)
Mais bon, ainsi va la vie ...
En tout cas, j'aime mieux, comme je vous le disais un peu plus haut, voir ces bêtes vivantes et en bonne forme, soignées et nourries par des producteurs attentifs ... peut-être prêtes malgré tout à finir dans mon assiette (faut quand même pas pousser la sensibilité trop loin ! ;o))... que dans une barquette du supermarché, avec au-dessus d'elles le spectre des hangars clos où elles vivent serrées les unes contre les autres, à 20 ou même 30 par mètre-carré ...
Et puis bon, ici, elles ne finiront pas toutes en cocotte, qui sait ?
Comme au marché aux carcasses et au gras, la marchandise part vite ...
L'agitation se calme ...
Retour du marché ...
Nous, on range nos provisions dans la voiture (coup de chance, il fait plutôt froid ...) et l'on repart arpenter le marché extérieur ...
... , plus classique à nos yeux ...
... mais avec quand même bien sûr, et c'est le gros attrait du marché, ses spécificités locales ... Je n'achète pas de plants de vignes, non ...
... mais les garçons dévalisent la charcuterie ...
Pas de lait cru aujourd'hui, il ne tiendrait jamais jusqu'à ce soir ... Dommage !
Entre deux étals, on s'attable à la terrasse du Petit Peuple ...
Un petit café au soleil ne nous fera pas de mal.
Et l'on repart ensuite sillonner les ruelles de la ville ...
... achetant à droite ...
... et à gauche, quelques provisions.
Le camion du fromager Dominique Bouchait, un MOF, a ouvert des portes devant la jolie fontaine ...
... et vend à une clientèle chanceuse de très belles spécialités ...
J'achète juste à côté un gros pain au maïs ... Coucher dessus de belles lamelles de foie gras poêlé sera ce soir un délicieux moment, c'est certain ...
Vraiment, ça fait rêver, des marchés comme celui-là ...
J'aime beaucoup nos marchés de Provence mais ils sont quand même très différents, bien plus axés sur le végétal. On n'a pas droit aux bêtes entières, ou presque ... ;o)
On y achète rarement des charentaises ...
... ou des blouses de ménage comme en enfilait ma grand-mère dès qu'elle posait le pied par terre le matin ... Ça me fait du bien, quand même, de penser que tout ne change pas partout à toute vitesse et que subsistent encore des choses que j'ai toujours connues ...
Qu'il fait bon vivre en France !
Je vous montre au passage une jolie maison de la place de la Fontaine ...
... avec son balcon remarquable.
La briquette est de rigueur, comme souvent dans la région ...
... et donne une certaine élégance aux façades des maisons anciennes.
Au Café des Sports ...
... le rugby est à l'honneur, forcément !
Il sera bientôt midi ...
On va devoir penser à quitter Samatan pour aller sillonner la campagne avoisinante ...
On retraverse la halle aux volailles ... totalement vide, maintenant ...
... et l'on se remet en route !
L'idée est d'aller déjeuner à Cox. Nous avons réservé là-bas pour 13h30, en suivant les conseils du Routard ... Mais nous reparlerons de cela tout à l'heure ... En attendant, toujours sur les conseils du même guide, nous faisons un petit crochet par Cazaux-Savès...
Il y a dans ce pays un magnifique château Renaissance édifié aux alentours de 1530 par Pierre de Nogaret de la Valette, membre de la noblesse gasconne qui participa aux côtés de François Ier aux guerres d'Italie ... Le château de Caumont ...
Fermé à la visite en hiver ...
... il nous faudra revenir y faire un tour à la belle saison.
Le château est posé au milieu d'un grand parc ...
... planté d'immenses cèdres du Liban ...
Nous passerons juste l'entrée ...
Le château est au fond ...
Une pancarte met en garde contre les chiens méchants ! ;o)
Il n'en faut pas plus pour me faire rebrousser chemin ...
À regret, cela dit ... Paul reprend le volant. Premiers moments de conduite accompagnée ... Un bel exercice !
On repart en direction de Cox ... En route, à Monbrun, un autre joli château, non répertorié sur mon guide.
Superbe également !
Pas encore ouvert au public ... mais j'espère que ce sera un jour le cas. Je viendrai !
J'aime bien le petit pavillon dans le parc ...
Quelques kilomètres plus loin, nous voilà ... à Cologne ! Pas le Cologne allemand, bien que ce Cologne-là ait été appelé ainsi en référence à la ville d'Allemagne.
L'occasion pour moi de vous parler un peu des bastides gersoises ...
La bastide est le nom donné à quelques centaines de villes fondées majoritairement dans le sud-ouest de la France entre 1222 et 1373, dans une période relativement calme, entre la croisade contre les Albigeois et la guerre de Cent Ans. Des villes neuves bâties en une seule fois, ou des villes préexistantes transformées de la même façon, d'un seul jet, à une date précise et sur un plan préconçu, par un contrat de paréage.
Le contrat de paréage, qui précéde la fondation d'une bastide, est signé devant un notaire, entre deux ou plusieurs autorités : le comte ou le roi, qui décide de la fondation et se porte garant de l'ordre et de la sécurité de la nouvelle population, et un ou plusieurs associés, seigneur local ou abbé, qui apportent la terre et la juridiction. Le comte ou le roi obtient la moitié des droits sur cette terre et étend ainsi son territoire. Ces contrats de paréages sont conclus à perpétuité, tacitement reconduits lorsqu'un des signataires vient à mourir.
Une fois le contrat signé, on choisit des géomètres chargés du tracé de la bastide sur le terrain et de la répartition des lots établis. Les futurs habitants reçoivent chacun un terrain à bâtir et un jardin, ainsi que des terres à cultiver, à l'extérieur de la bastide. Ils doivent s'acquitter d'une redevance annuelle, souvent élevée et fixée par le contrat de paréage mais bénéficient en échange du libre accès aux carrières et aux forêts avoisinantes, en général dans un délai d'une ou deux années, pour construire leur maison, et d'intéressants privilèges. Les baux sont souvent perpétuels, en tout cas de très longue durée.
La cérémonie du pal, durant laquelle on plante un long pieu, le pal, avec les armoiries du fondateur, dans le sol, célèbre la fondation de la bastide et réunit les fondateurs, les notables locaux et les futurs habitants.
Si le contrat de paréage concerne la terre, la charte de franchises, ou encore charte de coutumes, concerne, elle, les habitants. Car pour faire venir des habitants, on leur octroie des libertés individuelles et commerciales intéressantes. En matière de justice, ils échappent à l'arbitraire du seigneur. Ils sont également exonérés de diverses taxes et obligations. Enfin, ils participent activement à l'administration de la bastide par le biais des consuls qui les représentent. Ces derniers gèrent le bourg avec le bailli, représentant de l'autorité royale ou comtale.
La bastide de Cologne fut fondée en 1284 par paréage entre un seigneur local, Odon de Terride, et Philippe III le Hardi, par l'intermédiaire d'Eustache de Beaumarché, sénéchal de Toulouse et d'Albi. Le pal fut planté en 1286 et elle reçut sa charte de coutumes en 1287.
Comme les autres bastides de la région, elle est conçue selon un plan régulier, autour d'une vaste place centrale et d'une halle, que vous voyez ici, des rues à angles droits délimitant les îlots réguliers d'habitation dont nous parlions à l'instant.
La halle médiévale de Cologne date du XIVème siècle. Elle est bâtie sur des piliers de pierre aux quatre coins et de piliers de bois ailleurs. Elle entoure un petit bâtiment à colombages ...
... surmonté d'un beffroi avec un toit en poivrière. Ce beffroi abrite une cloche datée de 1607.
Je vous laisse lire ce petit panneau explicatif. La ville est bien faite. Plein d'informations de ce type sont à la disposition du visiteur ...
Devant la halle, le Monument aux Morts ... Je vais toujours voir les Monuments aux Morts ... Certains grands sculpteurs en ont laissé de très beaux ... Vous souvenez-vous du Bourdelle de Montceau-les-Mines, par exemple ? C'était à la fin de ce billet-là ...
Parlons un peu de cette place, justement. On la dit l'une des plus belles du Gers, avec son ensemble de galeries couvertes merveilleusement restaurées. À piliers de pierre ...
... ou de bois ...
... ou encore à arcades ...
... elles offrent un espace couvert, à l'abri du soleil et de la pluie, et des avancées intéressantes pour leurs échoppes aux artisans et aux marchands.
Admirez les façades anciennes, remises en bel état ...
Les vieux volets de bois ...
Tout ceci mérite bien un détour, non ?
Pour terminer notre visite, un joli signe du passé commercial de la bastide de Cologne ...
La place du village étant le lieu de tous les échanges commerciaux et les produits échangés étant tous taxés, il était important que la ville se dote de tous les équipements nécessaires pour contrôler ces échanges ... Cette vieille mesure à grain en est un émouvant témoignage.
Le vieux puits en est un autre, remettant en mémoire l'activité passée intense du lieu ...
Bon, il est temps de repartir. Cox n'est pas bien loin mais à s'arrêter comme ça en route, on va finir par louper l'heure du repas ...
On arrive enfin chez Anny, à 13h30 tapantes, comme prévu. Si l'on n'a pas lu attentivement Le Guide du Routard local, pas facile de s'arrêter ici pour déjeuner. Ce bistrot de campagne, restaurant-bar-tabac, n'est en rien tape à l'oeil ... et c'est tant mieux !
Le menu, comme vous pouvez le voir ici, est imbattable !
Et quand dans la région on vous parle de "menu complet", c'est Pantagruel qui s'invite à votre table ! ;o))
La salle est toute simple. Une salle de bistrot avec son carrelage moucheté, ses tables en formica le long desquelles s'aligne une clientèle majoritairement constituée en ce lundi midi d'habitués, retraités du coin ou travailleurs en pause pour un moment de convivialité gourmande.
Et de nous, bien sûr, affamés par cette matinée à trotter au milieu des divines richesses du marché de Samatan ... Sitôt que nous sommes assis, la serveuse, très sympathique, il faut le signaler, pose sur notre table une grosse soupière fumante emplie d'un vrai bouillon de pot-au-feu délicieusement odorant ...
... épaissi par quelques poignées de perles du Japon. Je n'ai pas remangé de perles du Japon dans la soupe depuis des dizaines d'années (!!) et retrouve à la première cuillerée le goût des potages servis le soir chez ma grand-mère, à Montceau ... Les garçons, pour qui c'est une toute première expérience, adorent et se resservent !
Arrivent ensuite les entrées ... Il y en a pour un régiment ! ;o) Une terrine extra, une belle salade de riz et un plat de bonnes charcuteries ... On y va mollo, parce que l'on commence à pressentir que la suite du repas sera du même ordre ... C'est terrible parce que tout nous fait très envie ! ;o)
Cela dit, on fait bien de prendre cette option de -relative- restriction car quand arrive le plat de résistance, un excellent confit de canard, on est content d'avoir encore un peu de place pour lui ! ;o) Il est servi avec des frites ...
... et des pâtes au beurre et au fromage qui font l'unanimité ! Les nourritures simples sont souvent les meilleures ! ;o) Cela dit, on est petits joueurs et on en laisse pas mal ...
De bons desserts également ... Salade de fruits pour moi, mousse au chocolat vraiment réussie pour les autres ... Des desserts familiaux, comme à la maison ... Un rapport qualité-prix excellent, un accueil chaleureux ... Vraiment, une adresse à conserver ! Regardez d'ailleurs les avis sur le site de tripadvisor. Ils parlent d'eux-mêmes, non ? ;o) Allez, je vous mets les coordonnées de l'endroit ... Il serait dommage que vous passiez un jour par là sans vous y arrêter !
Restaurant Chez Anny
Rue Principale
31480 COX
Tel : 05 61 85 62 67
Une petite balade dans le village pour faire descendre un peu tout cela ...
J'en profite pour photographier cette carte. Elle nous sera utile pour préparer notre prochaine visite ... obligatoire, forcément ...
... puisque je ne vous étonnerai guère en vous disant que le Musée de la Poterie, pour lequel le village est réputé, est ....
... bien évidemment fermé en cette saison ! ;o)))
Mais ce n'est pas grave, on dira qu'il s'agit là d'un voyage de repérage et puis de toute façon, tout est tellement joli ... Cela dit, un atelier de potier classé Monument Historique, ça m'intéresse ...
On quitte Cox ...
... pour nous arrêter juste après à Brignemont.
Là, surplombant un paysage magnifique ...
... un très joli moulin, remis en état de marche par son propriétaire. Nous croisons des dames qui en sortent et qui nous disent gentiment que pour visiter, il faudra ... c'était à prévoir ... revenir ... en été ! ;o)))
De l'autre côté de la route, voici un joli puits ...
Allez, on remonte en voiture ...
Je veux passer devant le Château de Laréole, maintenant ...
On gare la voiture devant la belle église ...
Une première grille ... fermée ! ...
... que l'on contourne ...
Une grande allée ...
Par chance, la seconde grille est ouverte !
On ne se fait pas recevoir à coup de flèches d'arbalète ... Une chance, là encore !
Et l'on découvre alors ce magnifique château !
Forcément fermé au public (l'hiver n'est pas une saison propice au tourisme dans la région, je vous l'ai assez signalé plus haut !) ...
... il vaut quand même largement le détour ...
... et je suis ravie de pouvoir le traverser, même sans entrer à l'intérieur des bâtiments ...
En plus, le parc est superbe ...
... et surplombe le plus tranquille et vert des paysages ...
Paul s'en donne à coeur joie, d'ailleurs, et galope comme un fou dans l'herbe ... un peu boueuse, nous pourrons le constater lorsqu'il remontera dans la voiture ! ;o)
Moi, je photographie les violettes. C'est plus calme, comme distraction ... Moins salissant, aussi ...
Pour en revenir au château ...
... sachez qu'il date de 1579, en pleine Renaissance, construit pour Pierre de Cheverry, fils d'un grand marchand de pastel. La pastel, cette plante qui donne en été de magnifiques champs jaunes flamboyants, était la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu'à la fin du XVIème siècle. On l'appelait "l'or bleu". Les pastelliers figuraient alors parmi les plus grandes fortunes de l'époque.
Il forme un grand quadrilatère entouré de larges fossés sans eau. L'alternance de pierre blanche et de briques lui confère une grande élégance.
La prochaine fois, mais décidément, en plein été, on entrera ! Cela dit, c'est si bon de se promener par ici sous un grand soleil mais avec une relative fraîcheur, et sans la foule, surtout. Les routes désertes, j'aime bien ! ;o) On peut rouler à la vitesse que l'on veut, revenir en arrière si l'on a loupé un truc, ne pas se prendre la tête avec des impatients derrière ... Le rêve, quoi ! Parfait pour découvrir des petits villages comme Launac, sur la route de Grenade !
Un drôle de vieil édifice sur le bord de la route ...
Ce n'est qu'en tournant la tête à 180° que l'on se rend compte que l'on est en train de dépasser un très vieux château. Et même s'il n'en reste plus qu'une seule tour, datée du XII ème ou du XIIIème siècle, et quelques bouts des ailes, cet édifice d'un âge vénérable a encore une belle élégance !
Un clin d'oeil à Gaston Phoebus, qui écrasa ici même, le 3 décembre 1362, son adversaire et voisin le Comte d'Aramgnac. Il le fit prisonnier et en retira une énorme rançon ... ;o)
La halle de Launac est bien moins vieille que le château et ne date que de 1850. Un très bel édifice, restauré il y a juste quelques années.
Brusque retour en 2014 ... Un énorme Beluga passe au-dessus de nous ... J'adore cet avion ... On le voit tout le temps au-dessus de Toulouse ...
Nous voilà très vite à Grenade, à 25 kilomètres de Toulouse, justement, une bastide fondée en 1290 à l'initiative des moines cisterciens de l'abbaye de Grandselve ... Les mêmes qui ont fondé la bastide de Beaumont-de-Lomagne (patrie d'un excellent ail, je vous le rappelle), dix ans avant. Sous protection royale, la ville va prospérer grâce à la culture des plaines alentour.
La ville est symapthique, construite tout en damier ... Élégante ...
De belles maisons cossues ...
Une histoire qui transpire à chaque coin de rue ...
... qui nous parle de la vie des gens ...
Chaque époque a laissé sa trace ...
et raconte la vie ...
De jolis signes s'offrent, comme toujours, à qui prend le temps de les rechercher ... Je ne le répèterai jamais assez !
Une très belle église, Notre-Dame de l'Assomption ...
La ville est symapthique, construite tout en damier ... Élégante ...
De belles maisons cossues ...
Une histoire qui transpire à chaque coin de rue ...
... qui nous parle de la vie des gens ...
Chaque époque a laissé sa trace ...
et raconte la vie ...
De jolis signes s'offrent, comme toujours, à qui prend le temps de les rechercher ... Je ne le répèterai jamais assez !
Une très belle église, Notre-Dame de l'Assomption ...
... dont la construction fut achevée en 1376.
Elle est de style gothique languedocien, ...
... avec un joli clocher hexagonal ...
De la brique, beaucoup de brique à l'extérieur ...
... et dedans de superbes colonnes de pierre blanche ...
Passons un moment sous la vieille halle, maintenant ... L'une des plus belles et des plus vastes de France, paraît-il ... Elle est construite en chêne et en sapin. D'une surface totale de 2000 m² dont 1600 m² de couvert, elle fut et reste le cœur de la cité.
Au premier étage de la halle se sont réunis durant des siècles les magistrats de la ville. La halle étant l'endroit de tous les échanges, et donc celui où étaient levées de très nombreuses taxes, il fallait un contrôle actif et la position centrale de ce bâtiment était donc idéale ...
Vous voyez, il y a même un balcon ! Étonnante construction que celle-ci, avec sa toiture immense reposant sur trente-six colonnes. À l’origine, le marché avait été fixé le mercredi. Depuis le XVIIème siècle, il se tient le samedi. Deux foires étaient aussi prévues. Seule la foire de la Saint-Luc, au mois d'octobre, se perpétue.
Fin de la journée ... Demain sera un autre jour. Ce soir, nous sommes bien fatigués ... Je ne vous laisserai cependant pas comme ça, sans quelque-chose à vous mettre sous la dent. Pas de gastronomie gersoise, cependant. Le temps printanier me demande de me recentrer sur les produits de Forville que je préfère ... Je vous montre ... Des asperges vertes, des févettes fraîches, de petits artichauts violets ... Je suis comblée ...
Les artichauts, je les prépare comme on les faisait dans la famille de Philippe. Les Artichauts à la mode de chez nous ... J'ai repris la recette et désormais, il est devenu classique, dans notre maison, de les manger ainsi. Avec du bon pain, c'est juste divin ... La préparation est simple, si tant est que vous savez tourner ces petites bêtes-là ... Vous les plongez ensuite dans une eau citronnée et vous préparez une mayonnaise, avec très peu de moutarde mais beaucoup de bonne huile d'olive. Vous assaisonnez bien, avec du sel et du poivre, bien sûr, mais aussi pas mal de jus de citron. Vous sortez alors vos artichauts de l'eau et vous les émincez finement. Vous placez les lamelles au fur et à mesure que vous les découpez dans la mayonnaise citronnée ... Vous placez au réfrigérateur pendant un petit moment et vous servez bien frais, donc, avec plein de bonne baguette croquante ... Rien de compliqué, vous voyez, mais du bon, du très bon !
On continue avec une délicieuse tarte feuilletée sortie du dernier numéro de Olive, un des magazines édités par la BBC. J'y trouve toujours de belles idées ... Comme celle-ci ... Ils l'appellent "Baked Ricotta Tart with Spring Veg, Mint and Peashoots" ... En français, cela donnerait une "Tarte à la Ricotta, aux Légumes de Printemps, à la Menthe et aux Pousses de pois" ... En voici la recette ...
"Tarte à la Ricotta, aux Légumes de Printemps, à la Menthe et aux Pousses de pois"
Ingrédients :
- 500 g de pâte feuilletée
- 200g de ricotta bien égouttée (j’ai mis un pot complet, soit 250g)
- 1 gros oeuf
- 75 g de parmesan finement râpé
- Les feuilles de 3 brins de thym
- 200 g de petits pois écossés et rapidement blanchis dans de l’eau salée (mis des fèves fraîches à la place)
- 1 bouquet d’asperges vertes rapidement blanchies et gardées encore un peu croquantes (mis 2 bouquets)
- 2 petits oignons nouveaux émincés, les cébettes de nos marchés de Provence …
- Une poignée de pousses de petits pois (!). Pas trouvées, donc pas mises …
- 2 petites courgettes, coupées en deux dans la longueur, puis finement émincées et rapidement blanchies dans de l’eau salée (pas dans la recette initiale mais délicieuses quand même …)
- Quelques feuilles de menthe fraîche
Pour l’assaisonnement :
- 1 cuillerée à soupe de miel
- 1 cuillerée à soupe de jus de citron
- 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive (là, ça vaut vraiment le coup d'avoir une huile d'olive de qualité ... Je ne peux que recommencer à vous recommander la divine production de M. Gillet, qui produit, en Crète, une huile incroyablement parfumée et goûteuse ... Un vrai trésor, que je commande en ligne par ici, sur son site terre2crète pour moi et mes meilleurs copains ...))
Préparation :
1. Préchauffez le four à 200°C.
2. Roulez la pâte en un rectangle de 18 X 32 cm et marquez une bordure de 1 cm de largeur de la pointe d’un couteau, sans transpercer complètement la pâte. Dorez légèrement cette bordure avec un peu de l’oeuf battu.
3. Battez la ricotta avec le reste de l’oeuf, le parmesan et le thym. Assaisonnez avec du sel (un peu), et pas mal de poivre..
4. Enfournez le fond de pâte pour 10 minutes et retirez-la du four. Écrasez doucement le centre de la pâte et étalez dans ce creux le mélange à la ricotta. Enfournez à nouveau et faites encore cuire une quinzaine de minutes, ou jusqu’à ce que la tarte soit juste dorée, encore un peu claire. Je vous montre …
5. Sortez la tarte du four et laissez-la refroidir 10 minutes.
6. Pendant ce temps-là, fouettez ensemble les éléments de l’assaisonnement, puis roulez les légumes dans cette sauce courte mais parfumée. Ajoutez les feuilles de menthe. Salez et poivrez.
Étalez ces légumes sur la tarte et terminez, si vous en avez, avec les fameuses pousses de pois …
7. Vous pouvez servir cette tarte plus tard à température ambiante, mais veillez alors à ne poser les légumes dessus qu’au moment de servir …
Avec un verre de vin blanc de la Commanderie de Peyrassol ... voilà le printemps qui entre dans nos têtes !
Passons au dessert, maintenant ... J'ai succombé aux charmes un peu trompeurs de fraises italiennes ... Pas grand goût crues, donc ... Mais cuites, elles devraient peut-être s'arranger, qui sait ? Nous voilà partis pour des Fraises rôties et Glace au Lait d'Amande ... Je les répartis donc dans de petits plats, en les saupoudrant d'une cuillerée à soupe de cassonade, de quelques zestes de citron et de deux fins copeaux de beurre.
Je les place au four en compagnie des chutes de la pâte feuilletée de la tarte à la ricotta, que j'ai parsemées de sucre roux et roulées sur elles-mêmes, puis coupées en tranches après un court passage au congélateur pour raffermir le tout ... Une quinzaine de minutes plus tard, les fraises sont confites, extrêmement savoureuses ... et les petits biscuits, dorés à souhait.
J'ajoute à l'ensemble une belle boule de glace au lait d'amande de chez François Théron, que je trouve chez Picard ... Une feuille de mélisse pour décorer, j'en ai sur la terrasse, elle reprend chaque année ... Un biscuit craquant ... Du fondant, de l'acidulé, du chaud, du froid ... Un régal, à refaire encore et encore ...
Fin de la promenade pour aujourd'hui ... Je vous laisse encore quelques jours ... et reviens rapidement avec d'autres de mes découvertes de ce coin merveilleux qu'est le pays Toulousain ... À très vite !










































































































































































