Et voilà, les vacances sont terminées... pour un temps, au moins ! Nous n'étions pas bien loin, juste dans le Val d'Allos, à la Foux, plus précisémment, à 150 petits kilomètres, par une route sublime, de surcroît !
Je dois vous avouer que, pour moi, ce trajet, c'est déjà les vacances...
Grasse, Castellane, Saint-André, Beauvezer, Colmars-les-Alpes, Allos, que ces villes ont des noms qui sonnent doux à mes oreilles ! A peine avons-nous dépassé Grasse que l'on commence à serpenter au milieu des montagnes. On s'élève progressivement, jusqu'à la première halte vraiment sérieuse, à Castellane ! Castellane, c'est un gros bourg encore très provençal, et cependant déjà un peu montagnard. Je vous en reparlerai un de ces jours. Là, ce n'est pas la meilleure saison pour vous le faire découvrir... Un fleuve le traverse, le Verdon. La route que nous poursuivons ensuite remonte ce cours d'eau, qui parfois serpente bien tranquillement au milieu de son large lit, et qui, à mesure que l'on se rapproche de sa source, se fait plus tumultueux, plus fougueux, en recevant les eaux de la fonte printanière des neiges des sommets !
La station de la Foux d'Allos est située à 1800 m d'altitude, son sommet atteignant les 2600 m. Agréablement enneigée (enfin, les canons à neige ont bien aidé, cette année !), il y fait souvent très beau, influence méditerranéenne oblige, quoique le vent soit parfois bien piquant... Une vraie immersion montagnarde tout près de chez nous, le rêve, quoi !...
Voici donc comment ça s'est passé :
Au réveil, chaque matin, nous voyions... ça !
Et puis aussi... ça !
En somme, une nouvelle "Vue de ma fenêtre" pour Anne !
Sitôt sortis de la maison, les skis aux pieds (ou presque...), nous n'avions qu'à sauter sur le télésiège ...
pour nous retrouver en pleine forêt...
Sous nos pas passaient de petits torrents, qui commençaient juste à se montrer...
Petite mise en jambe au milieu des arbres...
Et nous étions prêts à partir à l'assaut des pistes enneigées !
Bref arrêt sur le "plateau", où les novices faisaient, avec plus ou moins de bonheur, leurs premiers "pas" à ski..., et où d'autres prenaient déjà un petit café, totalement détendus au fond de leur transat !
Et puis une longue grimpette dans les oeufs...
...pour arriver à l' "Observatoire", d'où nous jouissions d'un panorama splendide !
Paysage irréel ...
Pentes largement enneigées... et totalement hors-pistes...
Crêtes émergeant avec peine d'une mer de brume...
Une bien belle piste, voyez plutôt...
Nos sportifs étaient toujours prêts à dévaler...
Notre cantine de midi, c'était la "Séolane", un petit chalet en bois situé sur l'autre versant. Là, nous avons grignoté chaque jour de belles petites assiettes , pour éviter de nous "couper les jambes" en redescendant déjeuner à la maison.
Une petite bricole dégustée en plein soleil, même pas de vin chaud car il ne faisait pas assez froid pour l'apprécier pleinement..., et nous étions à nouveau sur les pistes, prêts pour les joies de la glisse !
Pendant ce temps, les skis attendaient tranquillement leur heure...
Rassasié, chacun reprenait ses descentes innombrables !
A 5 heures, les minois étaient fatigués, mais radieux !
En fin d'après-midi, comme les journées étaient à présent un peu plus longues, nous descendions nous promener dans les villages voisins...
À Allos, d'abord, un vieux village situé à 1400 m d'altitude. De jolies maisons aux volets colorés dans des ruelles étroites et passablement escarpées, si tant est que l'on s'aventurait un peu dans les profondeurs du village, quelques boutiques sympathiques, que demander de plus, après une journée de ski ?...
On s'en est mis plein les yeux... Que de belles choses à découvrir, si l'on sait regarder autour de soi...
A quelques kilomètres de là, la petite ville de Colmars-les-Alpes, fondée au Ier siècle avant notre ère, est restée attachée au Comté de Provence jusqu'en 1481, pour rejoindre ensuite le Royaume de France, alors qu'Allos, sa voisine, décidait de rejoindre le Comté de Savoie dès 1382. Une véritable frontière fut donc érigée entre les deux cités, et les premiers remparts construits.
Ce système défensif fut renforcé par François Ier, lors des guerres contre Charles Quint, mais c'est Vauban qui, sur ordre de Louis XIV, fut chargé de concevoir les deux forts situés de part et d'autre de cette ville-frontière, pour repousser d'éventuelles attaques ennemies lorsque la Savoie entra en guerre avec la France, en 1690...
Ces deux forts sont toujours en excellent état, et d'intéressantes visites du Fort de Savoie sont de temps à autre organisées. mais je vous en reparlerai cet été...
Le Fort de Savoie, en amont de la cité...
Le Fort du calvaire, ou Fort de France, en aval.
Un très beau campanile en fer forgé surmonte l'église Notre-Dame des Grâces...
Là, c'est un admirable cloché en tuiles vernissées multicolores qui coiffe l'église Saint-Martin...
Un peu plus en détail...
On le sait, la saison de ski n'a pas été la meilleure que l'on ait connue, cette année, dans notre région ! Je peux cependant vous assurer que cette semaine en plein air fut un régal !
Temps magnifique, grosse chute de neige - nocturne... - en milieu de semaine, juste assez pour reblanchir le domaine, deux enfants fort enthousiastes sur leurs skis... et gastronomie montagnarde pour récupérer pleinement des efforts de la journée ! :o))
Nos habitudes alimentaires ont, comme chaque fois que nous changeons d'endroit, subi quelques chamboulements.
Finie -provisoirement, mais bon !... -, la cuisine provençale avec ses frais légumes du marché, son huile d'olive délicieusement fruitée...
Vive la cuisine montagnarde, plus roborative, avec son reblochon, ses crozets, ses pommes de terre, le miel du haut Verdon, la confiture de myrtilles, les tomes de vache de la vallée de l'Ubaye, toute proche mais inaccessible par la route en hiver. Et ces savoureux petits fromages blancs paysans ! Vive aussi l'inévitable raclette, et l'onctueuse fondue !...
Oh, je n'ai pas passé des heures en cuisine. Mais nous nous sommes chaque soir attachés à nous préparer de bons petits plats , vite faits mais délicieux !
La raclette, nous l'avons dégustée au restaurant !... Excellente... et copieuse, comme vous pouvez le constater. Les enfants adorent racler eux-mêmes leur fromage, et avec les appareils habituels dans nos appartements, c'est moins fun, paraît-il ! ;o)
Les crozets, ces petites pâtes carrées, généralement au sarrasin, je les ai préparés plus simplement que Sophie (mais je garde ta recette, Sophie !), un peu à la manière d'une tartiflette, mais sans lardons. Faut pas exagérer non plus, il fallait quand même que l'on skie, le lendemain...
Des tartines de chèvre frais nappées de miel et passées au four ont accompagné avec bonheur une simple salade...
Pour le goûter, après le ski, un bon jus de pommes brûlant parfumé à la cannelle, préparé chaque jour par Clément, et des tartines de confiture de myrtilles, montagne oblige...
Les douceurs s'invitaient aussi parfois à notre table :
De succulents petits fromages blancs de la laiterie de Barcelonnette , encore meilleurs avec une cuillère de confiture de myrtille ( eh, oui, encore ! Il fallait bien épuiser notre cargaison...)
Avec une tranchette de cake aux poires et au chocolat de l'excellent boulanger-pâtissier du centre de la station, le bonheur dans l'assiette !
Ah oui, une autre chose, dont je voulais vous parler...
Vous vous souvenez de la "foune" des inénarrables Bronzés, perdus dans un chalet, tout en haut de la montagne ? Nous nous y sommes essayés, avec, comme on dit si bien dans les blogs culinaires, quelques - et non des moindres, heureusement !!! -, modifications...
Juste un mélange de tous nos restes de fromages, bien affinés mais pas pourris, je vous rassure ! Un demi-reblochon, un bon morceau de Pont-Lévêque, un Banon et deux petits chèvres secs, mis à fondre tous ensemble dans une petite casserole, avec un peu de crème, pour adoucir le goût un tantinet ... puissant... du mélange, dirons-nous !
Pas de gras douteux, pas d'alcool de bois ni même de couenne, nous sommes restés très sobres... Il fallait que les enfants en mangent,tout de même !
Nous l'avons dégustée, comme il se doit, " à l'étalée", comme là-bas, juste grillotée au four, et, de l'avis de tous, ce fut tout à fait bon ! ;o))
Le dernier soir, c'était "fondue". Nous étions tellement fatigués que nous avions du mal à tenir nos fourchettes à bout de ...doigts ! :o)
Le vendredi soir a eu lieu, comme c'est la "tradition" dans la plupart des stations de ski, la descente aux flambeaux organisée par les moniteurs de l'École de Ski Français, suivie d'un beau feu d'artifices.
Les dameuses ont fait elles aussi une belle exhibition ! Impressionnantes ... On aurait dit des insectes géants, ainsi éclairées !
Un chocolat chaud pour les uns,... et un vin chaud pour l'autre ! Il y en avait besoin. Qu'est-ce qu'il faisait froid, à cet instant-là...
Et puis dimanche, il a bien fallu repartir!... :o(
Bon, on s'est raisonné ! On s'est dit que beaucoup aimeraient rentrer de vacances...pour se retrouver à Cannes ! Et puis on s'est dit aussi que le chemin du retour était vraiment beau, qu'en plus, le temps était superbe, et que l'on ferait bien de faire un petit tour au village, avant de partir, pour acheter quelques victuailles locales, histoire de prolonger encore un peu le plaisir. Aussitôt dit, aussitôt fait, et c'est chargés de bonnes petites choses (saucisson aux noisettes, terrine de porc au genepy, fougasses au anchois achetées chez le patissier d'Allos -Tiens, la Méditerranée a commencé à nous rattraper !...- et pain bien moelleux ) que nous avons quitté la station.
Un arrêt au-dessus du lac de Castillon, juste avant Castellane, nous a permis de nous restaurer, tout en haut d'une petite butte, un peu ventée mais de laquelle nous jouissions d'un somptueux paysage !
L'appétit de Clément était, comme à l'accoutumée, au rendez-vous :o)
Quelques menus arrêts supplémentaires m'ont permis de photographier, entre autres choses, cette jolie petite église que j'avais déjà remarquée à plusieurs reprises lors de nos précédents passages...
En redescendant encore un peu plus, sur la commune de Séranon, la jolie petite chapelle de Gratemoine nous attendait, dressée au milieu de nulle part, au pied de ces grandes barres rocheuses décidément bien majestueuses.
Une petite recette de douceur pour terminer, très fréquente dans la région du Haut Verdon, quoique traditionnellement préparée de l'autre côté de la montagne, dans la région du Champsaur : La tarte à la confiture de myrtilles.
Aux myrtilles de chez nous ?...
ou plutôt aux bleuets de nos lointaines copines de blogs? ...
En voici en tout cas la recette ! Je la tiens du joli petit livre de Luce Emeriaud, superbement illustré des aquarelles de Marie-paule Roc, la "Cuisine des Alpes dauphinoises", paru en 2002 aux éditions Libris.
La tarte aux myrtilles du Champsaur
Pour 6 personnes :
Ingrédients :
200 g de farine
100 g de beurre
80 g de sucre
1 ou 2 jaunes d'oeufs
1 pincée de sel
250 g de myrtilles
150 g de sucre, ces deux derniers ingrédients pouvant être remplacés par 400 g de trrrrrès bonne confiture de myrtilles, hors saison.
Préparez une pâte sablée en pétrissant beurre, farine, sucre, jaunes d'oeufs et sel. Ajoutez un peu d'eau glacée si besoin, et formez une boule avec cette pâte, que vous laisserez reposer un moment.
Pour préparer la marmelade de fruits, cuisez les myrtilles 5 minutes dans une casserole. Passez-les au moulin à légumes, puis mélangez le jus recueilli au sucre. Refaites cuire à gros bouillons quelques minutes, le temps que la confiture prenne.
Garnissez un moule à tarte avec les 3/4 de la pâte. Couvrez de confiture. Avec le reste de la pâte, détaillez dez lanières que vous placerez sur la tarte en formant des croisillons. Enfournez 30 minutes environ à Th. 6-7, et retirez-la du four dès que la pâte est bien dorée. Dégustée tiède, c'est un merveille. Froide, elle est excellente aussi !