Nous nous envolons donc ...
... pour arriver dans cette jolie campagne verte que nous apprenons à apprécier de plus en plus.
Dans ce coin de l'Avesnois, il y a des gens que nous aimons beaucoup et il y aussi des vaches ! J'ai une grande passion pour les vaches !
Quand le beau temps est de la partie ...
... cette région est assez merveilleuse.
Il y a de jolis petits villages tranquilles ...
... des brocantes où l'on peut trouver des merveilles ...
... lorsque, comme moi, on est dingue de vaisselle ancienne ... 18 petites coupelles pour 1 euro, ça peut faire rêver, hein ? Bon évidemment, il faut les rapporter à la maison mais rien ne m'arrête ! 😀
On y mange très bien, aussi. Surtout chez Évelyne qui nous initie toujours à la gastronomie locale. Ah ! Sa carbonnade et ses frites !
Les promenades digestives sont aussi plaisantes qu'indispensables !
On profite de notre visite chez ces gens charmants pour nous rendre cette fois-ci à Roubaix.
Roubaix, ce fut pendant des siècles un village tranquille, posé au cœur des terres de Flandre, qui vivait surtout de son agriculture. Tout changea au XIXᵉ siècle. Avec la révolution industrielle, Roubaix se métamorphosa à une vitesse impressionnante. Les usines textiles poussèrent partout, les cheminées dominaient le paysage, et la ville devint l’un des plus grands centres européens de la laine et du coton. Des milliers d’ouvriers arrivèrent, notamment de Belgique, attirés par le travail. La population explosa, la ville grandit, mais la richesse industrielle s’accompagna aussi de conditions de vie très dures. Au fil du temps, Roubaix s’imposa comme une ville ouvrière, ce qu'elle est toujours, marquée par les luttes sociales et un fort esprit de solidarité.
Au XXᵉ siècle, le textile se mit à décliner. Après la Seconde Guerre mondiale, les fermetures d’usines se multiplièrent. À partir des années 1960, le chômage et la précarité frappèrent durement la ville, laissant derrière eux des friches industrielles. Pourtant, Roubaix ne disparut pas mais se transforma.
À la fin du XXᵉ siècle et au début du XXIᵉ, la ville se réinventa en misant sur la culture, la création et de nouvelles activités économiques. D’anciennes usines trouvèrent une seconde vie, comme la piscine Art Déco devenue le musée La Piscine, aujourd’hui symbole de ce renouveau.
Et c'est cette Piscine devenue musée que je veux absolument visiter.
À l’origine, dans les années 1930, ce bâtiment n’était pas un musée mais une piscine municipale, construite pour offrir aux habitants un espace d’hygiène, de sport et de bien-être.
À l’époque, Roubaix est encore une grande ville industrielle, et cette piscine moderne incarne le progrès social.
Son architecture Art déco frappe immédiatement. La grande verrière en forme de soleil éclaire le bassin principal, bordé de cabines aux lignes élégantes et de mosaïques colorées. Tout est pensé pour être à la fois fonctionnel et beau. La piscine devient rapidement un lieu emblématique de la ville, fréquenté par des générations de Roubaisiens. Mais avec le temps, le bâtiment vieillit et la piscine ferme dans les années 1980, comme beaucoup de lieux industriels ou publics de Roubaix.
Mais au lieu de la détruire, on va la repenser et après plusieurs années de travaux, elle rouvre en 2001 sous une nouvelle identité : La Piscine – Musée d’Art et d’Industrie. Le musée rassemble des collections liées à l’histoire de Roubaix : céramiques, textiles, dessins, arts appliqués, mais aussi peintures et sculptures.
La piscine devient alors un espace d’exposition unique.
Toute l'infrastructure est conservée et cela participe au charme du lieu. Devant l'ancienne salle des baignoires, un imposant "Grand Cerf" de Pompon veille.
Les baignoires ...
... les verrières ...
... les cabines ...
... Tout a été conservé et intégré à ce musée fabuleux.
Je vous laisse au passage admirer l'une de ces vieilles cabines carrelées avec leurs porte-savon ...
... et porte-manteaux encastrés dans les murs. C'était du solide, à l'époque, et cela rappellera sans doute quelques souvenirs aux moins jeunes d'entre nous.
Il suffit de les traverser ...
... pour se retrouver au bord du grand bassin, sous l'impressionnante verrière.
Là, les sculptures se reflètent dans l’eau, juste un tapis d'eau pour rappeler la fonction originelle du lieu ...
Les œuvres dialoguent avec l’architecture, et l’atmosphère est calme, presque hors du temps.
De part et d’autre, le long des anciennes margelles, sont disposées des sculptures, principalement des figures humaines.
Elles sont alignées avec sobriété, comme si elles remplaçaient symboliquement les nageurs d’autrefois.
Cette disposition crée une impression de calme et de symétrie, presque solennelle.
Tout autour, les anciennes cabines de bain ont été conservées et transformées en petites galeries. Elles forment deux niveaux : Au rez-de-chaussée, les cabines accueillent surtout des collections d’arts appliqués : céramiques, objets décoratifs, petits textiles.
À l’étage, accessible par des escaliers latéraux, ...
... les cabines installées sur les coursives deviennent des espaces d’exposition pour les peintures et dessins, ainsi que, et c'est pour cela que je suis ici aujourd'hui, pour les céramiques.
Le parcours se fait en hauteur, avec des vues plongeantes sur le bassin ceint de mosaïques bleues, ce qui renforce le lien constant entre les œuvres et l’architecture.
De l'autre côté de la verrière colorée, un impressionnant portique ...
... l'œuvre d'Alexandre Sandier. Je vous laisse en admirer quelques détails.
Attardons-nous maintenant sur "quelques-unes" de mes œuvres préférées. Une paire de vases de Marly de la manufacture de Sèvres.
Trois autres vases Art Déco de Sèvres ...
Ici, ce sont des vases Art Nouveau, aux décors très végétaux.
Un autre représente la Crucifixion. L'œuvre de Marc Chagall ...
Voici Picasso qui entre en scène ...
... avec quelques très jolies pièces réalisées dans les années 50 à Vallauris.
Ce jardin d'appartement est une collaboration entre le peintre Raoul Dufy et le céramiste catalan Josep Llorens Artigas. Si je ne repartais qu'avec une pièce de ce musée, ce serait celle-là !
J'aime beaucoup ce service à thé de Robert Malevitch.
Cette "Chatte allaitant ses petits", de 1849 en grès émaillé de Sèvres, est le travail d' Emmanuel Frémiet.
J'aime beaucoup aussi ce hibou de Maurice Louis Savin, qui date de la fin des années 50.
Une belle et fière oie de François Xavier Lalanne ...
Un petit renard en pierre de Bourgogne de Gaston Étienne Le Bourgeois, qui date de 1925.
Une mignonne "Fillette au lévrier" d'Henri Bouchard.
Un autre lévrier magnifique du même Bouchard.
Forcément Émile Gallé est présent ...
... avec de jolis vases.
Encore une scène de tauromachie de Picasso.
Et puis un ravissant vase du même artiste. Le Sujet Colombe, mat. La seconde pièce que j'emporterais volontiers ! 😀
Ce vase-poisson de Nikki de Saint-Phalle est bien joli aussi.
Ce plat est l'"oiseau qui avale des Mouches" de Guidette Carbonel ...
Et celui-ci, un grand plat zoomorphe gravé et émaillé d'Andrée Vilar.
J'adore cette décoration aux écrevisses et au décor floral, en grès de Binic, de Pierre Roche, des années 1900.
Ce nageur des années 30 est bien beau aussi.
Allez, il est temps d'aller déjeuner, maintenant. Il est encore tôt et on a réservé pour être sûrs d'avoir une table.
C'est le salon de thé lillois Meert qui tient les rênes du restaurant du musée.
Le menu est sympathique.
Ma pastilla de poulet épicé et légumes confits, appelée Leda, est délicieuse.
Avec un Saint-Joseph, ça va très bien.
Un café ...
... et un petit dessert ... on est des rois !
Quand on ressort du restaurant, tout le monde est encore en train de déjeuner et ce maître nageur imposant n'a plus à surveiller grand-monde ! 😁
L'atmosphère se fait presque méditative ...
Quand je vous le dis ! 😀
On en profite pour aller tranquillement admirer les galeries latérales qui accueillent de très beaux vitraux comme ce panneau en verre peint et émaillé, fonte et plomb, récupéré dans un hôtel particulier lors de la démolition de la rue de l'hôtel de ville à Roubaix. Il n'est entré dans les collections du musée qu'en 1990. On voit que la ville a connu des heures de gloire !
Il y a aussi des bas-reliefs remarquables. J'aime beaucoup celui-ci, dont le thème central est l'eau. Il est l'œuvre de Constant Roux et est en grès émaillé de Sèvres.
Celui-ci, d'Alfred Boucher, est une évocation de l'été ...
Regardez ces détails !
N'est-ce pas magnifique ?
Plus loin, un mur est consacré aux céramiques contemporaines ...
Je dois vous avouer qu'en ce qui concerne la plupart des choses présentées, j'aime moins.
C'est certes très technique mais globalement, j'aime moins. C'est ainsi ! 😀
Encore que ...
Il y a là quelques pièces que je verrais bien dans mon salon !
... ou autour de mon cou !
Passons maintenant à la peinture. Les collections, ici, mettent en valeur des peintres du XIXème et du XXème siècle, souvent liés au nord de la France. Celles que je préfère sont celles liées à l'intimité du quotidien, faisant écho à l'histoire ouvrière de Roubaix et et à sa tradition industrielle.
On y entre dans les maisons ...
On y rencontre du monde ... Des anonymes ...
Peut-être des personnalités locales ... ou pas. Monsieur Georges Menier, fils du chocolatier Gaston Menier, croqué (!) par Bernard Boutet de Monvel autour de 1925.
Monsieur Henri Wille Barbieux, peint par le Belge Rémy Cogghe autour de 1894 , avec ses jolies lunettes ...
... ou encore Monsieur Henri-Étienne Malard, en 1913, avec son impressionnante moustache.
Je vous présente maintenant Madame V (Zoé Van Daele, dite Cita), également représentée par Rémy Cogghe, en 1909, cette fois.
L'élégante Madame Hébert ... S'agit-il de la femme du peintre Ernest Hébert ? Elle lui ressemble, en tout cas ...
... ou encore la chic Madame Madrelle.
Une autre section est consacrée à l'art animalier ... Une très belle sélection de peintures la composent ... Ces Renards de Rosa Bonheur ...
Cet extraordinaire Chat sur un Fauteuil (1901-1902), tellement réaliste, du Suisse Théophile-Alexandre Steinlen, considéré en son temps comme le "peintre des chats".
Et puis des Lions, encore une fois remarquablement étudiés par Rosa Bonheur. Ce tableau clôture notre visite de la Piscine de Roubaix, ...
... un endroit tout à fait à part que je suis infiniment heureuse d'avoir pu découvrir enfin.
Mais la journée n'est pas terminée, loin s'en faut ! Car tout près de là, à Croix, pour être précise ...
... se trouve un endroit que tout amateur de maison Art Déco ne peut ignorer.
Il s'agit de la Villa Cavrois, pensée par l'architecte Robert Mallet-Stevens pour la famille du riche industriel textile Paul Cavroix.
On va vite rentrer dans le vif du sujet ! La construction fait 60 mètres de long. Sa façade épurée est faite de briques jaunes, avec des toits plats et de grandes baies vitrées inondant l'intérieur de lumière naturelle.
Devant la villa s’étend un parc paysager avec un miroir d’eau qui prolonge visuellement la perspective du grand hall vers l’extérieur, créant une magnifique composition d’axes et de reflets.
Le bâtiment s'étend symétriquement autour d'un grand hall central, avec d'un côté une aile pour les parents et de l'autre, celle des enfants et du personnel de la villa.En franchissant la porte, on arrive dans une vaste pièce qui distribue les espaces de réception. Ces pièces sont vastes, baignées de lumière grâce aux fenêtres panoramiques.
Outre son architecture résolument moderne, la villa est équipée d'équipements avant-gardistes pour l'époque : Le chauffage central, un ascenseur intérieur, le téléphone et des hauts-parleurs intégrés, un éclairage étudié scientifiquement avec des luminaires indirects. Les matériaux sont nobles et choisis avec soin : Des marbres italiens et suédois, des essences de bois rares ... Le mobilier d'origine est conçu par Mallet-Stevens lui-même pour s’harmoniser avec l’architecture des pièces qu'il a imaginées.
Chaque espace raconte la volonté d’articuler confort, fonctionnalité et esthétique, dans une logique où chaque mouvement compte.
Avant de commencer la visite, parlons un peu de la destinée de cette demeure d'exception, qui a failli être bien funeste ...
Durant la Seconde Guerre mondiale, la villa est occupée par l'armée allemande. Au lendemain de la Libération, les Cavrois firent modifier la distribution intérieure de la villa par l'architecte Pierre Barbe, qui aménagea deux appartements pour les fils de la famille. À partir des années 1970, la villa fut progressivement abandonnée. Sans entretien, elle se dégrada fortement : infiltrations d’eau, vandalisme, vols et détérioration du parc.
Après le décès de Madame Cavrois, en 1986, la propriété fut vendue à un promoteur immobilier, qui souhaitait lotir le parc…
Les grandes demeures comme celle-ci ne correspondaient plus au mode de vie de l’après-guerre : elles étaient coûteuses à entretenir et nécessitaient beaucoup de personnel. Le mobilier d’origine fut retiré, dispersé, vendu.
Quand on commença à s'y intéresser à nouveau, à la fin du XXème siècle, on la retrouva dans cet état !
Classée Monument historique en 1990, la villa fut finalement sauvée par l’État, qui engagea une restauration complète. Son abandon, puis sa redécouverte, illustrent bien l’évolution du regard porté sur l’architecture moderne, qui est aujourd’hui reconnue comme un héritage culturel majeur.
Commençons enfin la visite !
On entre par le grand hall-salon, véritable épicentre de la villa. Il est très lumineux grâce aux grandes baies vitrées, qui ouvrent sur le miroir d'eau du jardin. Le sol, les murs et la mobilier sont pensés de manière géométrique et symétrique. Mallet-Stevens voulait que, dès l’entrée, on comprenne que tout était organisé, rationnel et moderne.
Ce hall-salon possède une jolie alcôve ...
... dans laquelle se niche une cheminée de marbre jaune.
La table à double-plateau en noyer que vous voyez ici a été rachetée en 2024 par le Centre des Monuments Nationaux lors d'une vente chez Christie's. C'est une table de Mallet-Stevens qui lui avait été commandée en 1932 par Paul Cavrois. Après être passée dans différentes collections privées, elle retrouve aujourd'hui son emplacement d'origine ...
Voici la salle-à-manger des parents, contigüe au salon, dans son écrin de marbre vert de Suède.
Le long des murs, des meubles intégrés en bois laqué noir et des cache-radiateurs chromés.
Les chaises sont d'origine mais la table a été refaite l'identique.
Elle est pensée autant pour les repas de famille que pour les réceptions plus officielles. Un grand miroir permet aux invités qui tournent le dos au jardin de profiter pleinement du paysage.
L’éclairage est étudié pour mettre en valeur la table. Mallet-Stevens fait appel à André Salomon, un ingénieur éclairagiste qui va intégrer un éclairage indirect qui se réfléchira sur la table grâce à un réflecteur en staff. On peut en faire varier l'intensité si on le souhaite.
Et que dire du ciel qui se reflète à la surface de la table noire ?
Jetons un œil à l'extérieur, depuis les baies vitrées.
Un des éléments spectaculaires de la maison est sa piscine, au décor épuré et futuriste, un symbole fort du luxe moderne.
D'une longueur de 27 mètres et d'une profondeur de 2,80 m au plus profond, elle permet de plonger. L'échelle pour grimper sur les plongeoirs est très esthétique elle aussi.
Allez, rentrons, maintenant ...
Je vous emmène faire un tour à la cuisine.
C'est qu'il faut les nourrir, ces gens !
On y trouve, très innovants pour l'époque, des glacières et un monte-plats électriques, des rangements intégrés, autant d'éléments fonctionnels. La modernité au service de l'efficacité.
Il y a même un robinet pour l'eau adoucie, histoire de ne pas laisser de traces de calcaire sur la vaisselle ...
Et puis, bien sûr, les principes de l'hygiénisme y sont parfaitement respectés. Les surfaces lisses sont facilement nettoyables, les chaises sont en métal, les meubles en acier émaillé ... Pour la petite histoire, la table au milieu de la cuisine est un dépôt du Musée des Années 30 de Boulogne, ce musée auquel je ne manquais jamais de rendre une petite visite lorsque j'allais chez ma maman ... Souvenirs ...
La salle à manger des enfants se situe à côté de la cuisine, juste avant la salle à manger des parents. Elle offre un accès direct sur le parc par un escalier.
Le tableau en relief sur le mur derrière la table est l'œuvre des jumeaux Jan et Joël Martel. Enfin, il l'était à l'origine ... Parce qu'il a sans doute disparu pendant la Seconde Guerre mondiale mais que l'on en a une photo prise en 1932, on a pu essayer de la reproduire. C'est l'artiste Jean-Sylvain Bieth qui s'est réapproprié l'œuvre, à l'origine très coloré, en le parant de tons gris et sépia. Tel qu'il avait été pensé par les Martel, il représente des jeux ou des activités liées aux loisirs : quilles, raquettes de tennis, échiquier, fléchettes, patins à glaces, cartes à jouer, ballon, tourne-disque ...
Au mur, une pendule synchronisée, très bel exemple de modernité technique pour les années 1930. Dans la villa, il y avait un système centralisé, avec une horloge mère, installée dans un local technique, reliée aux autres par un réseau électrique.
À intervalles réguliers, l’horloge-mère envoyait une impulsion électrique faisait avancer exactement toutes les horloges secondaires en même temps. Ainsi, toutes indiquaient la même heure en même temps. Ce système avait plusieurs avantages : On évitait les retards et les avances entre les différentes horloges, la vie quotidienne était réglée de façon précise, la machine était bien huilée, rationnelle, précise et efficace. L'essence de la vision moderniste de l'époque. Le temps devenait un élément contrôlé, au service du confort et de l’ordre.
Par contre, on remarque qu'il n'y a aucune pendule dans aucune pièce de réception. Lorsqu'on recevait, chez les Cavrois, on ne regardait pas l'heure !
À côté, un très beau buffet.
Entre le bureau de Paul Cavrois et le hall-salon existe une petite pièce arrondie, le fumoir. C'est un espace intime, destiné aux moments de détente, dans une atmosphère chaleureuse et feutrée. Toujours des lignes simples et modernes. Des meubles en acajou d'une sobriété on ne peut plus élégante ...
... et une banquette en cuir rouge qui épouse la forme de la pièce.
Après le fumoir, donc, nous avons le bureau de Paul Cavrois, assez peu remeublé mais cela viendra, j'imagine, au fil des ventes et des préemptions de CNM ...
Et juste après, la "chambre de jeune homme", dont la polychromie assumée est un hommage de Mallet-Stevens au mouvement néerlandais De Stijl ...
À noter de jolis luminaires ...
Passons à l'étage, maintenant.
On y accède par un escalier de marbre qui alterne marches en marbre noir et marches en marbre blanc, créant un contraste cher à Mallet-Stevens.
Il y a aussi un ascenseur construit par les ateliers Jean Prouvé.
C'est en haut que sont installés les autres chambres (les Cavrois ont 7 enfants).
La chambre jaune a encore besoin de meubles ...
La jolie table noire a été retrouvée en 2019 chez un antiquaire. Une chance !
Toujours beaucoup de lumière ...
Chaque chambre a sa propre salle de bain. Je vous fais un coucou au passage !
Mais la plus belle chambre de l'étage, c'est celle des parents Cavrois. Grande, lumineuse, avec vue sur le parc et un mobilier dessiné sur mesure.
Le trou rond que vous voyez dans le mur, c'est un haut-parleur qui permet d'écouter la TSF. Il y en avait dans chaque pièce et on pouvait allumer et éteindre la radio depuis son lit.
Attenante, la grande salle de bain, ultra-lumineuse et parfaite pour une hygiène sans faille ! J'aime particulièrement ce "petit" guéridon en marbre de Carrare.
La salle de bain est équipée d'une baignoire ...
... d'un chauffe-peignoir, d'un pèse-personne encastré dans le mur et d'une grande douche ronde à jets à l'origine tapissée de mosaïques en émaux de Briare.
Comme pour les autres pièces, les rachats de mobilier d'origine se succèdent, rendant à chaque fois la visite plus vivante.De l'autre côté de la chambre parentale, voici le boudoir de Lucie Cavrois, une belle pièce, elle aussi. On y trouve une commode remarquable réalisée en placage de sycomore et aluminium poli. Ce mobilier fonctionnel se caractérise par l’utilisation de formes géométriques simples qui mêlent l’aspect traditionnel du bois à l’aluminium poli, matériau résolument moderne.
Devant la cheminée, une travailleuse, ou boîte à couture, qui a été rachetée par le CMP. En sycomore et acajou, elle est magnifique !
Je vous laisse admirer la vue sur le parc que l'on a depuis l'étage ...
Puis voici la grande salle de jeu, avec elle aussi une vue plongeante sur le parc.Et, au-dessus de la salle de jeu, une petite pièce, la salle d'étude des enfants, avec ce joli bureau double !
Une acquisition de 2015.
On termine la visite par les locaux techniques ... La chaufferie ...
Et puis la buanderie, avec son sèche-linge électrique ...
... et sa repasseuse.
Quelques mots pour récapituler ... L’architecte a conçu la maison comme une véritable machine à vivre, où chaque équipement technique sert à améliorer le confort quotidien. La villa disposait de grandes fenêtres métalliques pour laisser entrer la lumière et assurer une bonne ventilation, d’un éclairage indirect étudié pour ne pas fatiguer les yeux et d’un réseau de téléphone interne qui reliait toutes les pièces. Les horloges étaient centralisées et synchronisées, et de nombreux autres appareils fonctionnaient grâce à un système électrique complet : monte-plats électrique, ascenseur, chauffage automatisé, radios et autres équipements domestiques. Des espaces spécifiques étaient pensés pour la vie quotidienne et les loisirs : la salle de jeux pouvait servir de petit théâtre, le bassin de natation offrait un lieu où l'on pouvait de détendre aussi bien que faire du sport, et le jardin mêlait potager, serres et carrés de fleurs pour allier utilité et esthétique. Les matériaux et le mobilier étaient soigneusement choisis pour leur fonctionnalité, leur durabilité et leur intégration harmonieuse dans l’architecture.
Le véritable luxe de la Villa Cavrois, appelée aussi le Château Moderne, résidait dans cette organisation moderne et rationnelle de l’espace, où tout avait été pensé pour faciliter la vie des occupants, plutôt que dans des ornements décoratifs superflus.
La villa illustre aujourd'hui parfaitement l’idée moderniste selon laquelle l’architecture devait améliorer le quotidien tout en restant élégante et cohérente.
Retour dans l'Avesnois ...
Un salut aux copines ...
Une léchouille en retour ...
J'adore quand les vaches accourent quand on les appelle ! 😁
Une fricadelle-frites en Belgique pour le dîner ... Quelle journée, les amis !
Quelques jours plus tard, nous voilà en Belgique, à De Haan, plus exactement.
De Haan, ou le Coq-sur-Mer, ...
... est une station balnéaire située sur la côte belge, qui s'est développée surtout à la fin du XIXème et au début du XXème siècles, à une époque où la bourgeoisie venait passer ses vacances au bord de la mer.
La particularité principale de la ville est son architecture Belle Époque.
On est loin de l'architecture moderniste de la Villa Cavrois !
On y trouve de nombreuses villas aux façades décorées, avec des pignons, ...
... des bow-windows, des balcons en bois et des toits complexes.
Cette architecture est volontairement pittoresque et décorative, inspirée des stations balnéaires anglaises.
Le Coq est aussi connu pour avoir accueilli Albert Einstein en 1933, lorsqu'il fuit l’Allemagne nazie. La maison où il a séjourné existe toujours.
Mon frère Olivier et sa femme Carole sont des habitués de cette station balnéaire et je suis contente qu'ils nous la fassent découvrir.
On se promène entre beaux hôtels ...
... et ravissantes maisons ...
Certaines sont même très, très belles ! Belle architecture ...
Superbes toits de chaume ...
Grilles en fer forgé ouvragé ...
C'est vrai qu'on se croirait dans le Sud de l'Angleterre !
Verrières !
Colombages ...
Portes et fenêtres arrondies, aux tout petits carreaux ...
C'est un style que l'on ne voit pas chez nous.
Bon, je dois dire que j'ai toujours eu aussi un petit faible pour l'Art Nouveau.
Bref, ici, si on aime l'architecture, on est servi !
Et puis comme il n'y a pas que l'architecture dans la vie, mais qu'il faut bien manger aussi ... 😃🍽
... on file sur la plage ...
Non pas pour pêcher des crabes ...
... ni "farnienter" au soleil ...
... mais plutôt pour aller dans les dunes ...
... nous trouver un petit coin tranquille ...
... pour planter notre parasol ...
... et sortir les glacières que Carole et Évelyne se sont chargées de remplir de bonnes choses !
Ben oui, moi, des fois, je ne fais rien !😴
C'est joli, hein, toutes ces couleurs !
Je lorgne tout particulièrement sur la glacière orange très années 70 de Carole et, surtout, sur ce kit de vaisselle de la même époque qu'elle tient de sa maman !
Il est compact ... mais contient plein de trucs !!! J'adore ! Bon, l'ouvrir est facile mais reconstituer la bête après usage est une autre chose !
On étale les foutas ...
Certains vont se tremper les pieds ...
Faire connaissance en pataugeant, y'a pas mieux !...
... et puis l'on se retrouve donc autour de la salade de pommes de terre délicieuse d'Évelyne, des reste du gigot d'agneau dont nous avons dîné hier soir chez nos Lillois et de plein de légumes à tremper dans une petite sauce aux herbes fraîches. Le parfait déjeuner d'été !
Les desserts sont bien bons aussi !
Il n'y a pas grand-monde sur la plage ...
Juste une longue chenille de marcheurs ! 😀
Après déjeuner, certains tentent même la baignade en eau glaciale !
Je me contente de regarder les cavaliers qui passent ...
Knokke-le-Zout, ce sera pour une prochaine fois ...
Dernier jour de notre petite visite dans l'Avesnois ... Une balade dans les environs de la maison des parents de Thomas dans les champs ...
Un arrêt sous une immense éolienne ... Impressionnant ...
Impressionnant pour nous mais pas pour les vaches du coin qui semblent contentes, en plus, d'avoir un peu de compagnie ! 😁
Il faudra qu'elles se satisfassent de notre compagnie. À part la main de Thomas, on n'a rien d'autre à leur offrir ! 😂
Ah si, celle de Philippe !
Pas loin de là, il y a un petit cimetière assez émouvant ... Alignées, les stèles blanches ...
... nous rappellent ces soldats des pays du Commonwealth qui vinrent aider à la libération de la France lors de la Première Guerre mondiale en y laissant leur vie ...
Il est l'heure de déjeuner ! Il faut rentrer à la maison ...
La table est dressée dans le jardin ...
Les verres sont remplis ...
La tarte au Maroilles est découpée ...
Régal en vue !!!
Clément jongle entre la plancha sur laquelle grillent des côtelettes d'agneau ...
... et le barbecue sur lequel grésillent de très belle côtes de bœuf.
Cuisson parfaite, Chef Clément ! Et déjeuner parfait, Chef Évelyne !
Après ce festin, une petite marche digestive s'impose !
Et juste derrière la maison, il y a tout ce qu'il faut ...
... pour faire la plus délicieuse des promenades. De belles maisons ...
... des petites fleurs des champs qui apportent de jolies touches de couleur à ces paysages très verts ...
Mais il n'y a pas que des couleurs ...
Il y a aussi les odeurs ... Ce lilas sent divinement bon.
Et puis il y a des animaux ... Des poules ...
Des canards ...
Des perdrix ...
Et puis des chevaux !
De magnifiques chevaux ...
... qui paissent tranquillement dans ces étendues d'herbe tendre.
Un petit chien se signale bruyamment à nous ! 😀
On continue notre promenade entre les pommiers ...
... les épis de blé ...
... et les champs de pomme de terre !
Quel pays de cocagne !
Tout est tranquille et en plus ... il fait beau !!! 😁 Au moment de partir pour l'aéroport, Clément reçoit une alerte annonçant que notre vol est annulé ! Zut !!! On va devoir passer une journée de plus ici !!! 😂😂😂
Comme nos hôtes travaillent, Thomas propose d'aller passer la journée à Lens, où il veut nous faire découvrir le Louvre de la ville. Et nous voilà donc de "bon" matin dans cette ville que nous ne connaissons pas encore. Pas grand-monde dans les rues mais un peu de marche nous permet de découvrir de très belles façades de maison.
C'est amusant, ces noms de famille inscrits sur les murs ...
Une tradition locale ?
En tout cas, c'est bien joli.
Et puis honnêtement, j'ai l'impression qu'il vaut mieux regarder en l'air qu'au rez-de chaussée des immeubles. Autant les façades sont belles, autant la plupart des boutiques qui ont remplacé les vieilles enseignes semblent sans grand intérêt ...
Mais ce chat noir surveille le quartier et ça, c'est chouette ! 😁
Nous arrivons au Louvre de Lens. Comme il est l'heure de déjeuner, nous allons tester le restaurant du musée. En général, j'aime bien les restaurants des musées ...
On est très bien accueillis, avec une petite verrine tout à fait délicieuse ! Il ne m'en reste que la sensation et je suis aujourd'hui bien incapable de vous dire ce qu'il y a dedans. Sans doute de la betterave ?
En entrée, je prends une "tarte fine à l'oignon, ricotta et sauge". Un poème, aussi bon que beau !
Clem choisit un "maquereau cuit au sel, concombre et framboise". Délicieux aussi, paraît-il !
En plat de résistance, Philippe se régale d'une "seiche de casier grillée au piment d'Espelette, courgettes en différentes textures".
Thomas adore le canard. Il est servi ! Ce " magret de canard des Landes, petits pois à la française" est divin. Et les petits pois me rappellent tellement mon enfance, accommodés de petits morceaux de lard et de salade cuite !
Pour le dessert, Clem fait cavalier seul avec un clafoutis à la rhubarbe. Mauvais choix, il est carrément salé ! 😀 Il faut goûter, Monsieur le pâtissier !
Mais notre dessert à nous est à tomber ! Un "riz au lait à la fraise, fraîche, confite et en soupe".
Après ces agapes, on peut commencer la visite de musée.
La Galerie du temps, c'est un parcours chronologique dans un espace ouvert de 3000 m2 qui accueille plus de 250 chefs-d'œuvre du musée du Louvre. Un fleuve du temps, sur lequel vous naviguez librement dans une ambiance calme qui appelle à la contemplation.
Des murs en aluminium, un sol en béton et et des meubles qui se confondent avec le sol et donnent la sensation que les œuvres flottent dans l'espace ...
L'impression est étonnante ... et agréable.Voilà un musée qui rend accessibles les œuvres à tous. Je vous montre ... Sous chaque objet présenté, vous avez un panneau explicatif très bien fait pour vous raconter ce que vous voyez.
Mais ce qui est encore plus intéressant, à mon sens, c'est qu'à côté de ce panneau, il y en a un autre adressé aux enfants ... et à moi, aussi, parce que finalement, en les lisant, j'apprends plein de trucs aussi !
Et voilà de quoi rendre le musée attrayant pour tout le monde. Il est accessible et incite à la curiosité et à l'apprentissage. La salle grouille de petits groupes d'enfants, certains très jeunes, qui n'ont pas l'air de s'ennuyer une seule seconde !
Je dois dire que je ne m'ennuie pas non plus.
Je retrouve cette impression délicieuse que j'avais, enfant, en feuilletant les pages d'une encyclopédie un peu au hasard, faisant au fil de ces errances de belles découvertes ...
Là, en plus, il y a vraiment de très, très beaux objets et pas que de belles images qui font rêver ! 😀
Cette cruche à long bec est incroyable, non ?
J'aime aussi beaucoup ce visage étrusque ...
Vous saurez maintenant ce qu'est une antéfixe ...
Voilà une adorable Tanagra, un petite statuette en terre cuite d'une finesse exceptionnelle. Une femme debout, un éventail entre les mains, des boucles d'oreilles, un joli chignon ondulé surmonté d'une tholia, un chapeau conique à large bord. Ses vêtements sont d'une finesse extrême : Elle porte une tunique, ou chiton, recouverte d'un manteau drapé appelé himation.
On peut apprendre que ces statuettes dites Tanagra proviennent de l'ancienne cité grecque du même nom, située en Béotie au nord d'Athènes dont la très riche nécropole fut littéralement pillée à partir de 1870. Celle-ci date d'autour de 320-200 avant J.-C. On les réalisait en série pour accompagner les jeunes défuntes dans leurs tombes. Elles servaient aussi d'offrandes aux dieux.
Ici, voilà de belle aiguières qui apprendront aux petits visiteurs que l'on a pas toujours bu avec une gourde !
Les plus grands auront droit à une approche un peu différente ... 😀 Incroyable de voir la finesse de ce verre soufflé ou de cette poignée en forme de lévrier élancé sur des pièces datant de 400 après J.-C !
Un peu plus tardive, voici une coupe aux reflets dorés ornée d'un dromadaire.
Explications détaillées sur l'usage des lustres en céramique ...
... ou simplifiées pour les plus jeunes ... et les autres !
Cette jolie assiette, on passerait facilement à côté en admirant juste les couleurs du dessin ...
... mais les petits panneaux racontent une histoire ... et expliquent ce qu'est la majolique italienne !
Ces petites figurines en bronze m'intriguent.
Me voilà renseignée !
Là, on a une belle occasion de voir les célèbres tableaux des quatre saisons du peintre Archimboldo ... Les enfants adorent !
J'aime beaucoup ces petits chérubins de Jean-Baptiste Pigalle !
Ils sont ravissants !
On arrive ensuite dans une section consacrée à l'exposition "S'habiller en artiste. L'artiste et le vêtement".
On y explore le lien entre l’art et le vêtement au travers plus de 200 œuvres, de la Renaissance à aujourd’hui. Des peintures, des sculptures, des vêtements et des créations de mode dialoguent pour montrer comment les artistes utilisent le vêtement pour affirmer leur identité, leur époque et leur place dans la société.
Voyez Rembrandt ...
... et sa tenue luxueuse ...
Delacroix ...
... et sa belle allure de dandy britannique ...
Rosa Bonheur dans son atelier, vêtue d'un large pantalon en velours et d'une grande blouse bleue...
On est dans les Hauts-de-France et, en lien avec la tradition textile locale, le musée associe dans cette exposition des jeunes en formation aux métiers de la mode, qui participent à la création de dispositifs de médiation originaux autour de l’exposition.
Voici donc leur interprétation de la blouse de Rosa Bonheur ...
... et de son pantalon, qu'ils ornent d'un magnifique lion brodé, rappelant ainsi sa passion pour les grands fauves. Le pantalon de Rosa Bonheur, c'est toute une histoire !
À une époque où il était interdit aux femmes de porter un pantalon, elle obtint une autorisation officielle , une "permission de travestissement" délivrée par la police parisienne, pour s'habiller ainsi. Ce vêtement lui permettait de travailler librement, notamment pour observer les animaux sur les marchés et dans les abattoirs, sources essentielles de son inspiration.
Ses pantalons ne sont donc pas un simple détail vestimentaire : ils symbolisent son indépendance et sa volonté de s’affranchir des normes sociales.
Je ne vous détaillerai pas plus cette intéressante exposition. Il est temps de se remettre en route. Un petit tour sur la Grand-Place de Valenciennes pour aller acheter un Merveilleux chez Fred pour le dessert de ce soir ...
On en profite pour goûter à leur pain au lait fourré de ganache noire ! 😅
Dernière soirée à Beaudignies ... Fin de ces petites vacances ... Un ciel magnifique nous accompagne.
Je vous embrasse ... et vous retrouve - dès que je peux - pour de nouvelles aventures !



















































































































































































































































































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